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Le sommaire :
1) Les
règles de base : les trois parties fondamentales du bonsaï
a)
Le Nebari
b) La ligne du tronc
c) Les branches
2) L'esthétique
globale de l'arbre
a) Les éléments
de base de l'observation
L'ouverture de l'arbre, Le point focal, Le point de fuite
b) Les qualités esthétiques
de l'arbre
La gestion de la profondeur, Les trois plans indispensables, Le
rôle des branches dans la création de l'effet de
perspective, Le volume décroissant des masses de végétation,
La fuite vers le vide - l'effet de perspective fuyante
c) La gestion du mouvement
dynamique de l'arbre
Les ruptures, L'équilibre dynamique, L'impulsion, Le rythme
d) Les qualités liées
à la forme de l'arbre
L'asymétrie, La compacité, L'unité
C'est la partie visible des racines. Elles doivent suggérer un lien
puissant avec le sol dans lequel le tronc est ancré, et évoquer stabilité,
force, puissance et sérénité. Le nebari gagne à être important, bien
visible. Les racines doivent avoir une section en rapport avec le
tronc, être disposées tout autour de lui, mais sans régularité excessive,
et se ramifier près de la base.
Elle détermine le style de l'arbre, avec lequel elle doit être en
rapport étroit. Ses qualités principales doivent être :
- La conicité
Le tronc doit être épais à la base, pour s'affiner graduellement
jusqu'à la cime. Cette conicité doit cependant rester naturelle
pour être esthétique. Il faut donc éviter toute rupture de conicité,
ce qui arrive souvent au sommet, lorsqu'on forme la cime avec
une branche. Seul le style du lettré peut se passer de conicité.
- Le mouvement
Mis à part le style rigoureusement droit, le tronc gagne à avoir
des mouvements très nets, pour donner à l'arbre toute son expression.
Les ruptures de direction sont donc à privilégier par rapport
aux courbes molles. Les mouvements doivent se conjuguer de gauche
à droite (ou inversement) mais aussi d'arrière en avant.
L'élément le plus important dans un bonsaï réside dans l'impression
qui se dégage de la base du tronc ; elle doit exprimer le force,
tant du fait de son épaisseur que du mouvement qu'elle imprime
et qui devra se retrouver dans l'arbre tout entier.
La ligne du tronc doit traduire ce que l'amateur a voulu exprimer
en créant son bonsaï : dynamisme, impulsion, , force, majesté,
élégance, âge…
- Le rapport avec le style du bonsaï
La ligne du tronc ainsi que son caractère plus ou moins incliné
permettent de classer les différents style codifiés en six catégories
principales :
- Le style " droit classique " ou " rigoureusement
droit " : tout mouvement du tronc est proscrit.
- Le style " droit informel " : le tronc comporte des mouvements
plus ou moins accentués. A noter que la cime se trouve toujours
au-dessus des racines.
- Le style penché : le tronc peut avoir une forme droite
ou comporter des mouvements. La cime est par définition décalée
par rapport aux racines.
- Le style semi-cascade : c'est une variété de style penché
plus accentué, caractérisée par la branche basse qui s'incline
vers le plan des racines, voire en-dessous. Elle ne doit cependant
pas dépasser la base du pot.
- Le style cascade : le tronc s'élève sur une courte distance,
puis après une rupture marquée, se dirige résolument vers le bas.
La branche la plus basse dépasse la base du pot.
- Le style " lettré " : une ligne de tronc élancée, particulièrement
expressive, avec une conicité faible ou absente, caractérise un
style libre, mais très difficile à réaliser. Le tronc ne comporte
généralement pas de branches sur les premiers 2/3 de sa hauteur.
Les branches forment la silhouette et le profil de l'arbre. Leur
mise en forme détermine la beauté et la qualité du bonsaï. Elles
constituent l'habillement de l'arbre. L'art du bonsaï nécessite
la bonne connaissance des cinq branches de base, correspondant à
des fonctions esthétiques visant à donner à l'arbre forme, mouvement,
rythme, profondeur.
Ces cinq branches de base sont, de bas en haut :
1° La première branche, véritable assise de la végétation, située
sur un côté, généralement à l'opposé de l'ouverture de l'arbre.
Elle est souvent la plus importante en longueur ou en volume.
Elle met en valeur le mouvement du tronc. C'est souvent la partie
de l'arbre qui vient le plus à l'avant-plan.
2° La seconde branche ou branche d'équilibre, située à l'opposé
de la première, qu'elle contrebalance.
Elle est souvent placée au-dessus de l'ouverture de l'arbre. Elle
est en retrait par rapport à la première.
L'angle idéal entre les branches N° 1 et N°2 est de 120° pour
créer un effet de profondeur et permettre une bonne lisibilité
du tronc.
3° La troisième branche ou branche de profondeur.
Elle est située à l'arrière de l'arbre, orientée soit légèrement
à droite, soit légèrement à gauche, pour ne pas être masquée par
le tronc. Elle s'intègre généralement dans l'ouverture de l'arbre.
Si elle est dirigée du côté opposé à l'ouverture, la ramification
doit dépasser de l'autre côté pour accentuer la profondeur.
4° La branche de face avant.
Située dans le tiers supérieur de l'arbre, elle vient à son tour
contrebalancer la branche arrière. Elle est placée légèrement
à droite ou à gauche du tronc.
5° La cime.
En réalité, c'est un ensemble de petites branches " coiffant "
le bonsaï, structurée clairement à l'image du reste de l'arbre.
Elle s'incline vers l'avant et contribue, selon qu'elle est orientée
vers la branche principale ou non, à donner des expressions différentes.
Son importance est considérable.
- L'ouverture de l'arbre
C'est la l'espace indiquant la direction vers laquelle l'arbre s'oriente.
Elle est généralement indiquée par le premier mouvement du tronc,
qui est soit une courbe, soit une inclinaison. Elle se dégage souvent
du mouvement général de l'arbre. La première branche est généralement
placée du côté opposé à l'ouverture, et la deuxième branche est placée
au-dessus de celle-ci. La silhouette arrondie de la végétation du
côté opposé peut accentuer l'ouverture de l'arbre. C'est un élément
important dans la gestion des espaces vides et de la profondeur.
- Le point focal
C'est le centre d'intérêt du bonsaï, un élément de l'arbre vers lequel
l'œil est attiré immédiatement. Il peut s'agir d'une courbe accentuée
du tronc, d'une partie de bois mort (jin, shari) ou de tout autre
artifice pouvant attirer l'attention du spectateur. Remarquons qu'il
faut éviter que le point focal réside dans la poterie, qui doit rester
un accompagnement.
- Le point de fuite
C'est le point de convergence du vide principal généralement situé
du côté de l'ouverture. Son intérêt réside dans l'effet de perspective
auquel il contribue.
La gestion de la profondeur
- Les espaces vides
L'analyse des espaces vides implique une démarche de l'esprit
auquel nous ne sommes pas habitués. Au lieu de se concentrer sur
les parties pleines, internes du bonsaï, nous allons nous appliquer
à partir des contours extérieurs et regarder les formes laissées
libres par le tronc, la végétation et le pot.
Ces espaces vides participent à l'esthétique générale de l'arbre.
Leur analyse permet de mieux comprendre les qualités ou, au contraire,
les défauts visuels qui, inconsciemment dérangent le spectateur,
sans qu'il ne comprenne à première vue pourquoi.
- Les deux espaces vides de base
Ils sont déterminés par le tronc, dont la forme dégage un espace
vide intérieur principal et un espace vide extérieur secondaire.
C'est généralement l'ouverture de l'arbre qui détermine l'espace
vide principal. L'espace vide secondaire contrebalance l'autre,
comme le fait la branche d'équilibre.
Si le tronc est droit, l'espace vide principal est situé sous
la branche la plus importante. S'il est penché, il se situe du
côté de l'inclinaison. S'il est sinueux, c'est la première courbe
importante qui le détermine.
- Les espaces vides périphériques
Contrairement aux précédents qui pénètrent l'arbre jusqu'au tronc,
il s'agit de séparations entre deux masses de végétation accentuant
le rythme.
- Les espaces vides intérieurs
I l s'agit de petits espaces vides fermés, assurant à l'intérieur
de la végétation, une certaine transparence, comparable à de la
dentelle. Ils contribuent à la finesse de l'arbre et accentuent
la profondeur.
- Les formes d'espaces vides
Les formes, comme les dimensions des espaces vides ne doivent
pas être identiques, pour ne pas rendre l'arbre statique. Par
ailleurs, certaines formes sont à éviter, tels les profils géométriques,
symétriques, aux courbes molles, répétitives; il faut privilégier
les tracés naturels et vigoureux.
Les trois plans indispensables
Pour créer un minimum d'effet de perspective, il faut créer trois
plans successifs :
- En avant du tronc
- Sur le même plan que le tronc
- En arrière du tronc
Pour disposer d'un effet de perspective encore meilleur, il faut veiller
à ce qu'une même branche soit constituée de plusieurs masses de végétation,
alignées les unes sur les autres et les unes dernière les autres.
Un jin ramifié gagne aussi à se diriger sur plusieurs plans.
Le rôle des branches dans la création de l'effet de perspective
Sur un bonsaï, les branches, telles que détaillées ci-dessus, ont
un rôle primordial dans la création de l'effet de perspective.
Les 1ères 2èmes et 4èmes branches assurent l'avant
plan, la branche d'équilibre étant généralement en retrait par rapport
à la branche principale.
La branche de profondeur assure l'arrière plan, et c'est pourquoi
elle doit être bien visible.
La cime assure, comme le tronc, le plan médian.
Le volume décroissant des masses de végétation
Pour accentuer l'effet de perspective, il faut veiller à ce que les
branches situées à l'arrière du tronc aient un volume de végétation
moins important que celles située à l'avant.
La fuite vers le vide - l'effet de perspective fuyante
Un artifice fréquemment utilisé pour accentuer l'effet de perspective
consiste à placer dans un espace vide, une branche ou un jin se dirigeant
vers l'arrière. Un effet voisin est obtenu par une branche qui part
d'abord vers l'arrière, puis revient vers l'avant.
Les ruptures
Un bonsaï gagne en expressivité s'il présente sur le tronc et sur
les branches, des courbes bien prononcées, exprimant une grande force.
Il faut donc éviter les courbes molles, et privilégier les changements
de direction énergiques. Pour créer des ruptures marquées, il est
bon de s'inspirer de la calligraphie japonaise.
L'équilibre dynamique
Un bonsaï ne doit pas apparaître statique. Il gagne à dégager un
déséquilibre apparent. Pour ce faire, il faut éviter de trop équilibrer
les masses de végétation. Au contraire, il faut rechercher à créer
du mouvement en créant des déséquilibres dans les masses de végétations,
et en organisant les espaces vides inégaux.
Un arbre semblant prêt à tomber est ainsi plus dynamique qu'un arbre
bien équilibré qui paraîtra statique.
Pour éviter qu'un arbre ne paraisse trop stable, les solutions
suivantes peuvent être appliquées : D'une manière générale, la première
branche revêt une importance particulière, dans la mesure où elle
gagne à créer suffisamment de poids sans alourdir l'allure générale
de l'arbre. Il s'agit de trouver un juste équilibre entre ces deux
exigences.
Pour un arbre de style penché : bien décaler la cime par
rapport à la verticale du nebari. Veiller à ce que les racines soient
" tirantes " du côté opposé à l'inclinaison du tronc, donnant l'impression
de s'enfoncer verticalement dans le sol, et plus " portantes " c'est
à dire plus horizontales de l'autre côté. Placer la première branche
du côté où penche l'arbre, éventuellement en faisant tomber la masse
de végétation au-dessus de l'espace vide principal.
Pour un style " droit informel " : la cime étant par définition
placée au-dessus du nebari, il faudra d'avantage jouer avec des
masses de végétation et les espaces vides inégaux, ainsi qu'avec
les ruptures dans les courbes du tronc. Un mouvement vigoureux à
la base du tronc, accompagné par un jeu de racines appuyantes d'un
côté, et flottantes de l'autre, peut contribuer à créer une sensation
de mouvement.
Pour un style " rigoureusement droit ", des masses de végétation
disproportionnées d'un côté ou des branches sortant de l'alignement
naturel peuvent contrebalancer la raideur du tronc et créer un semblant
de déséquilibre.
L'impulsion
Un bonsaï gagne en expressivité en donnant l'impression d'un animal
prêt à bondir, d'un ressort comprimé prêt à libérer son énergie. Cet
effet de puissance contenue peut être donnée par la base du tronc
(bien large, avec une première courbure courte et expressive), les
ruptures, les alternances de courbes et de lignes droites, le mouvement
des craquelures de l'écorce.
Le rythme
Il faut éviter de créer des bonsaï monotones et trop réguliers. Au
contraire, il est nécessaire de créer du rythme et des contrastes.
Pour varier le rythme et accentuer les contrastes, il faut veiller
à :
- éviter un tronc trop fluide et de même épaisseur de la base
au sommet
- avoir des écarts différents entre les branches
- veiller à ce que les masses de végétation soient de même volume
et répartis de façon trop régulière
- jouer sur les espaces vides en veillant à ce qu'ils soient inégaux
- créer des points de rupture
- donner, au niveau du contour extérieur, une silhouette dentelée
par endroits et non uniformément lisse
L'asymétrie :
- dans la composition d'ensemble
Dans toutes les formes d'art, on conseille de veiller à créer
des compositions naturelles en évitant l'excès de symétrie ; c'est
ainsi que la " règle des tiers " est utilisée pour décaler certains
éléments par rapport au milieu (élément principaux, ligne d'horizon,
lignes verticales…).
Pour parvenir à cette asymétrie, les procédés suivants peuvent
être appliqués :
- décaler l'axe de l'enracinement dans le pot
- sauf pour les styles " rigoureusement droit " et " droit informel
", décaler l'axe de la cime par rapport à celui du nebari
- éviter que le point focal soit situé au centre de la composition
- créer des masses de feuillage inégales
- descendre la masse de végétation de la première branche par
rapport à celle de la seconde
- donner à l'ensemble de la végétation une forme irrégulière (par
exemple convexe d'un côté, concave de l'autre, dentelée d'un côté,
lisse de l'autre, pointue à droite et arrondie à gauche…)
- veiller à ce que la disposition des racines ne soit pas trop
régulière autour du tronc
- dans les différentes parties de l'arbre
Les symétries disgracieuses peuvent aussi se cacher dans les courbures
du tronc ou des branches (demi-cercles ou ovales réguliers, ainsi
que dans les shari décrivant une ligne médiane de la base jusqu'au
sommet du tronc).
La compacité
L'aspect compact de l'arbre donne une grande puissance au tronc
et à l'enracinement. Pour y arriver, il faut :
- avoir des rapports réduits entre la largeur du nebari d'une
part, et la hauteur et la largeur de l'arbre d'autre part. (de
1 à 3 jusqu'à 1 à 1,5)
- rapprocher la végétation du tronc et du nebari.
L'unité
Le bonsaï forme un tout avec les différentes parties qui le composent
(racines, tronc, branches, végétation, pot). Tous ces éléments s'interpénètrent
pour ne former qu'un seul " tout ". Notamment, une imbrication entre
le bois mort, s'il y en a, et les parties vivantes doit être recherchée.
L'unité va de pair avec la simplicité.
Ce concept correspond à une logique naturelle (orientation des branches,
cohérence entre les formes de la végétation et le style de l'arbre)
et esthétique (emplacement des branches et de la cime, forme et
couleur du pot…).
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