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Le
sommaire :
1) Qu'est-ce qu'un bonsaï
?
2) Historique du bonsaï
3) Les idées fausses
4) Comment débuter
5) Les soins élémentaires
Le mot "bonsaï" résulte de la contraction
des termes japonais "bon" = coupe, plateau et "saï"
= plante, arbre. On peut traduire ce mot par " un arbre planté dans
une coupe ". Il s'agit donc d'un arbre rendu et maintenu dans une
petite dimension, planté dans un pot. Des soins attentifs et quotidiens
leur permettent de conserver la même vigueur que s'ils poussaient
dans la nature. Ce n'est que leur taille réduite qui les
distingue des autres arbres.
Originaire de Chine, la culture du bonsaï a été
portée par les japonais au rang d'un art véritable.
Sa dimension esthétique impose à ses adeptes, en plus
des connaissances botaniques indispensables, une créativité
et une recherche incessante de perfection. Un bonsaï n'est
jamais terminé, quel que soit son âge.
a) Naissance en Chine
La culture de plantes en pot est établie dès l'Antiquité
la plus reculée, et ce dans la majorité des civilisations
connues. En Chine, un fragment de terre cuite sur lequel est gravé
une plante à cinq feuilles plantée dans un pot de
forme rectangulaire décoré, et daté de 6000
à 7000 ans. L'idée de domestiquer la nature apparaît
tout au long de la littérature chinoise, dès les prémices
de l'écriture, soit au XIVe siècle avant Jésus-Christ.
Au VIe siècle après J.-C. apparaît l'idée
de modifier la forme des arbres en courbant ou en tordant les branches.
Dans une tombe datant du VIIIe siècle, on a trouvé
des fresques représentant une femme tenant des deux mains
un arbre en pot. C'est au cours du XIIe siècle qu'apparaît
progressivement le bonsaï tel que nous le connaissons aujourd'hui.
b) Introduction et développement au Japon
Les modalités de l'apparition du bonsaï au Japon, par
importation ou de manière autonome, restent incertaines sur
le plan historique. Il semble qu'elle accompagna l'implantation
du bouddhisme, vers le milieu du VIe siècle. La culture d'arbres
sur des plateaux se développa durant l'époque d'Edo
(1615-1867). D'abord l'apanage des classes fortunées, la
pratique du bonsaï gagna peut à peu toutes les couches
sociales.
c) Apparition en Europe
C'est au XIXe siècle que des récits de voyageurs
développent un intérêt pour le Japon. Des ouvrages
commencent à faire état de l'art du bonsaï. La
première présentation au public européen de
collections de bonsaï eut lieu lors de l'Exposition Universelle
de Paris en 1878. Il faut attendre la fin de la Première
Guerre mondiale pour qu'on redécouvre le bonsaï tant
en France qu'en Angleterre. Des articles et essais sérieux
commencent à être publiés. Des bonsaï importés
du japon apparaissent dans le commerce.
Après être à nouveau tombé dans l'oubli,
l'intérêt pour le bonsaï s'est rapidement développé
dans le monde entier à partir des années 1960-70 pour
devenir une véritable mode dans les années 1980. Progressivement
les vrais amateurs se sont structurés en associations, puis
en fédérations nationales, continentales et mondiale.
L'art du bonsaï s'est par ailleurs radicalement transformé
durant ces trois dernières décennies pour devenir
un art plus expressif que figuratif. Grâce à la mondialisation
du bonsaï, des nouveaux courants commencent à apparaître
donnant à cet art une certaine diversité tant à
l'intérieur qu'à l'extérieur du Japon.
a) L'âge est-il important ?
Cette idée est véhiculée par les médias et par certains commerçants.
L'âge est souvent difficile à déterminer. On peut savoir depuis combien
de temps on possède un arbre chez soi mais il est plus difficile de
dire depuis quand il a commencé à pousser. Si on souhaite
connaître l'âge exacte d'un arbre, il faudrait se résoudre
à couper son tronc à la base et compter les cernes...
L'âge est donc une notion secondaire chez l'amateur. Cela peut avoir
une importance uniquement dans certaines collections d'arbres très
anciens au Japon dans la mesure où quelques spécimens
peuvent atteindre plusieurs centaines d'années.
b) Le bonsaï est-il forcément très petit ?
Bien qu'il s'agisse d'arbres de taille réduite, les bonsaï ne
sont pas forcément très petits. Leur hauteur peut varier
de quelques centimètres à 1,20 mètres. On distingue ainsi trois catégories
principales de taille d'arbre :
- Les bonsaï miniatures ou Shohin (jusqu'à 30 cm); ils
se transportent d'une seule main
- Les bonsaï de taille intermédiaire (de 30 à 60
cm); une personne peut les transporter à deux mains
- Les bonsaï de grande taille (de 60 cm à 1,20 m); ils se transportent
généralement à plusieurs personnes
c) Les bonsaï correspondent-ils à des espèces particulières d'arbres
nains?
Ce ne sont pas des arbres naturellement nains. Ils sont maintenus
petits grâce à des techniques particulières (taille des rameaux et
pincement des bourgeons…). Par ailleurs, leur culture dans un espace
réduit de terre freine naturellement leur développement.
d) Faut-il garder les bonsaï à l'intérieur ?
C'est une fausse idée, mais très répandue. Un bonsaï est un arbre
comme un autre. Il doit vivre les différentes saisons normalement.
C'est pourquoi il vaut mieux ne pas le laisser à l'intérieur
car il ne vivrait pas les changements climatiques liés aux
saisons.
Il faut privilégier les arbres de nos régions car ils sont mieux habitués
à nos températures.
La lumière extérieure est indispensable à leur développement
et à leur santé. Il faut simplement les protéger des excès de chaleur
en été (ombrage) et de froid en hiver (protection des racines).
e) Le bonsaï nécessite-t-il un investissement coûteux ?
Les prix affichés dans les magasins peuvent faire penser que c'est
vrai. Dans la réalité, c'est un art à la porté de toutes les bourses.
On peut démarrer avec un investissement relativement modeste (arbre
prélevé ou plant de pépinière, poterie simple et outils de base).
Pour réaliser un bonsaï à partir d'un plant de pépinière et se procurer
un pot, un budget entre 15 et 30 euros est suffisant. Mais pour apprendre
à le mettre en forme et le soigner, il vaut mieux s'inscrire dans
un club. Bien sûr, celui qui veut se perfectionner dans le but de
présenter des arbres en exposition devra progressivement réaliser
des investissements plus importants.
f) Est-ce une discipline particulièrement difficile ?
Le bonsaï requiert des connaissances de base en botanique. Il s'agit
de la culture d'un végétal dans des conditions particulières. Par
ailleurs, créer un bonsaï, c'est aussi réaliser une petite œuvre d'art.
Des notions d'esthétique sont donc également indispensables.
Une fois les notions de base acquises, chacun est libre de choisir
le niveau qu'il veut atteindre.
g) Le bonsaï a-t-il besoin de traitements particuliers ?
Les seuls traitements particuliers sont en rapport avec la culture
en pot et le maintient de la taille réduite de l'arbre. Pour le
reste, il s'agit de techniques horticoles classiques (lutte contre
les maladies, nutrition, arrosage …). A noter que, contrairement
à une idée fausse, la vaporisation systématique est inutile, voire
dangereuse.
h) La culture du bonsai est-elle un art hermétique ?
Il y a une sorte de mystère autour de cet art lié à la culture japonaise,
voire bouddhique. Beaucoup de personnes pensent qu'il faut connaître
le japonais pour pratiquer le bonsaï. En réalité, il est intéressant
de connaître un certain nombre de dénominations de style, mais ce
n'est pas indispensable. L'écriture ainsi que les estampes japonaises
sont toutefois utiles comme élément d'inspiration.
i) Les bonsaï sont-ils des arbres torturés ?
C'est une des accusations principales perpétrée par les détracteurs
des bonsaï. Ils s'imaginent que pour maintenir les bonsaï petits,
il faut les priver d'arrosage et de nourriture, et resserrer les
racines dans des petits pots comme les pieds des chinoises au XIXe
siècle. Comme dans toute culture en pot ou en container, il est
indispensable de tailler régulièrement les racines pour éviter qu'elles
soient comprimées du fait de leur développement. C'est la même technique
pour toutes les plantes d'appartement, ainsi que pour vos géraniums.
Pour ceux qui reprochent des traitements brutaux (branches et troncs
tordus, taille sévère), il s'agit de techniques bien connues des
arboriculteurs, viticulteurs et jardiniers en général (une haie
se taille, un gazon se tond régulièrement, sans pousser des cris
de douleurs). Au sujet du problème de la souffrance des arbres,
il faut réaliser que ces derniers n'ont pas de système nerveux,
même s'ils ont une faculté de réagir au monde extérieur. Il ne faut
pas confondre règne animal et règne végétal.
a) Achat du bonsaï
Si on veut acquérir un bonsaï, il est recommandé de s'adresser à un
vrai professionnel, qui pourra vous conseiller dans l'achat et les
soins, voire le prendre en pension en cas de nécessité. Le coût de
l'achat sera un peu plus important que dans la grande distribution,
mais le résultat sera sans doute plus satisfaisant.
b) Achat du matériel
En ce qui concerne le matériel de travail indispensable, il faut posséder
:
- Une paire de ciseaux à bonsaï
- Une pince pour couper les branches
- Un couteau tranchant (genre couteau à greffer)
- Un pot ou un tube de mastic à cicatriser
Par la suite, on pourra acquérir progressivement :
- Du fil à ligaturer de différentes sections
- Une pince pour couper le fil à ligaturer
- Une pince plate
- Une petite scie
- Un tamis
- Un arrosoir spécial avec une pomme fine
- Un plateau tournant
- et différents autres ciseaux, pinces de tailles diverses pour
s'adapter aux épaisseurs des branches des bonsaï qu'on va acquérir
ou former.
a) Dans quelle terre cultiver les bonsaï
Les bonsaï vendus dans le commerce sont généralement plantés dans
une terre argileuse compacte destinée à leur permettre de supporter
un long voyage en container. Il faut s'en débarrasser au plus vite
en vue de planter le bonsaï dans une terre adéquate. Par ailleurs,
les bonsaï prélevés dans la nature ou dans le jardin vont changer
de mode de vie. Celui-ci sera alors incompatible avec leur terre
d'origine.
La culture du bonsaï nécessite donc une terre appelée " substrat
", répondant à certaines qualités :
- être drainant afin d'éviter que l'eau stagnante ne fasse pourrir
les racines
- être aéré car les racines respirent.
Les amateur de bonsaï s'orientent de plus en plus vers des mélanges
composés :
- d'akadama (terre argileuse d'origine volcanique, provenant du
Japon) dont on choisira la grosseur de grains adéquate.
- de pouzzolane (roche d'origine volcanique, se trouvant en abondance
dans le Massif Central) ou autres roches en vente dans le commerce
(Tuf, pumicce...)
- de différents substrats organiques (terreau naturel, compost,
écorce de pin broyée)
Un bon conseil : il faut toujours tamiser vos substrats, afin
de les rendre drainants et aérés.
b) Comment arroser
La culture en pot nécessite un arrosage régulier et maîtrisé. En règle
générale, il vaut mieux arroser abondamment en une fois, puis attendre
que la terre ait séché en surface. En dehors des périodes pluvieuses,
un arrosage quotidien, de préférence le soir, est suffisant, sauf
en période de grande chaleur où un complément d'arrosage,
le matin ou à la mi-journée, sera ponctuellement nécessaire.
Il est à noter que même en hiver, un apport d'eau est nécessaire
de temps en temps, quand il ne gèle pas.
c) Comment le nourrir
Il est indispensable de fertiliser le substrat du bonsaï, car même
s'il contient du terreau, celui-ci s'appauvrira très vite en éléments
nutritifs. Nos bonsaï, comme tous les végétaux, ont besoin d'engrais,
comprenant les trois éléments indispensables (azote, phosphore, potassium),
ainsi que différents oligo-éléments (fer, calcium, magnésium…). Il
est inutile d'acheter des engrais soit-disant "spécial bonsaï" vendus
dans le commerce, dont la composition est généralement identique aux
engrais "spécial géranium", beaucoup moins coûteux. Des engrais adéquats
sont à présent conditionnés par des firmes européennes.
Il est davantage recommandé de recourir à des engrais
organiques car ils ont une diffusion lente et ne risquent pas de brûler
les racines, contrairement aux engrais chimiques. Les engrais se présentent
soit en boulettes, granulés ou bâtonnets, soit sous forme liquide.
d) Où placer les bonsaï
D'une manière générale, l'intérieur de nos habitations ne convient
pas aux bonsaï (air sec, luminosité insuffisante, température constante).
C'est pour cette raison que les bonsaï dits " d'intérieur " sont à
déconseiller.
- quand on habite un appartement :
Il est indispensable de posséder une terrasse ou un balcon sur
lequel on disposera ses bonsaï, de préférence à l'endroit le plus
ensoleillé. Il faudra tout de même se méfier des élévations excessives
de température due au " microclimat " pouvant être provoquées
par la réverbération des murs.
- quand on a un jardin :
Il est bon de disposer d'un endroit ombragé pour les feuillus
et ensoleillé pour les conifères. Ces derniers développeront mieux
leurs bourgeons en hiver, s'ils sont bien éclairés.
En hiver, les bonsaï provenant de nos régions tempérées doivent
être maintenus dehors. Il convient simplement de protéger les racines
par un paillage recouvrant la surface du pot (tourbe, écorce de
pin) comme sur la photo qui suit.
e) Comment le tailler
Il existe deux sortes de tailles :
- de formation : lorsque l'arbre est transformé pour la
première fois en bonsaï.
- d'entretien : pratiqué régulièrement au fur et à mesure
que les rameaux s'allongent.
D'une manière générale, la taille est destinée à donner une forme
adéquate au bonsaï. En ce qui concerne les tailles d'entretien, elles
se pratiquent surtout au printemps et à l'automne. Pour les conifères,
il faut préférer la technique des pincements.
f) Quand et comment le rempoter
Pourquoi rempoter ?
- pour renouveler le substrat qui se tasse avec le temps, devenant
trop compact.
- pour tailler les racines qui finissent par occuper tout le volume
du pot, ce qui peut provoquer leur asphyxie. Cela permet d'augmenter
leur ramification, en provoquant la formation de nouvelles radicelles.
A quels intervalles faut-il rempoter ?
D'une manière générale, les arbres jeunes doivent être rempotés
plus fréquemment (tous les ans ou deux ans), les arbres vieux peuvent
être rempotés tous les trois à cinq ans.
A quelle époque faut-il rempoter ?
D'une manière générale on rempote au début du printemps, juste
avant le démarrage de la végétation. Pour les conifères, on peut
également rempoter à la fin de l'été.
g) Où se documenter
De nombreux livres sont disponibles dans les librairies et jardineries.
Étant donné qu'ils sont de valeur très inégales, nous vous
conseillons des revues et ouvrages recommandés dans la rubrique bibliographie.
h) Les clubs affiliés à la Fédération Française de Bonsaï
Travailler seul, c'est se condamner à l'immobilisme. Pour s'initier,
comme pour se perfectionner, il est vivement conseillé de
s'inscrire dans un club affilié à la Fédération Française de Bonsaï.
C'est le meilleur moyen de bénéficier d'un enseignement émanant
de formateurs certifiés FFB.
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